The Stories

Melissa: “mon voisin de table s’est permis de glisser sa main entre mes jambes alors que je me penchais pour attraper l’eau “

Lors d’un repas un peu arrosé avec quelques personne que je connaissais que depuis peu, mon voisin de table s’est permis de glisser sa main entre mes jambes alors que je me penchais pour attraper l’eau qui était plus loin sur la table après m’avoir fait part du fait que ça “chauffait dans son pantalon (sorti de nulle part). Ni une ni deux, je lui retourne mon verre d’eau sur lui, l’insulte, lui interdit de recommencer. Il s’excusa, fut très mal à l’aise et changea de place. J’avais (presque) gagné la partie; passons. Mais ce qui me choqua le plus c’est qu’un de mes amis, exprima tout haut que son geste était légitime car vu que je suis une fille “ouverte” ( à savoir, ne pas être assez distinguée et polie comme une “fille bien élevée doit l’être, et le fait que je parle de tout sans tabous) cela peut “prêter à confusion sur mes intentions”.

S’en est suivi un long débat sur le féminisme, la femme, le harcèlement,… bien qu’ils hochaient la tête je ne suis pas sûre qu’ils aient bien tout intégré. J’espère au moins avoir eu un léger impact mais reste stupéfiée que même dans la nouvelle génération que je cotoie, qui fait des études, qui est sensée être bien élevée, ces stéréotypes d’une fille élégante, discrète et éffarouchée sinon quoi une salope, restent impregnés.

Melissa. (BXL)

I've got your back!
+

no comments
The Stories

Noémie: “Il y a failli avoir rapport, j’avais beau lui dire d’arrêter, il continuait de me toucher, il à fallut que je me mette à pleurer pour qu’il arrête”

Bonjour,

Je viens de découvrir votre site et je décide enfin à vous racontez ce qu’il m’étais arrivé. Je veux juste que vous sachiez que ce qui m’a décidé est l’histoire d’Anais, ayant pour titre: j’ai été “exposée” au sexe trop tôt pour une enfant de mon âge. En effet, ce que j’ai vécu est quasiment identique à elle.

J’avais 6-7 ans, donc en CP-CE1 et j’avais un amoureux. On s’aimait beaucoup, mais de temps en temps, il me touchait les fesses, car d’après lui, c’était ce que les amoureux faisaient. Sauf que je ne disais rien. Pour moi, ce qu’il disait et faisait était normal. Sauf qu’un jour, après le repas de la cantine, il m’a entraîné vers un coin reculé de la cours et m’a demandé de baisser mon pantalon. Je lui ai demandé pourquoi et il m’a dis qu”on était amoureux depuis suffisamment longtemps pour commencer à faire des choses d’adulte. Je ne voulais pas, mais à force de mots et d’explication, j’ai décidé de lui faire plaisir. Je vais utiliser deux mots sexuels, car je ne vois pas comment l’expliquer autrement: il m’a fait que que l’on appelle un cunnilingus. Puis, il m’a demandé de lui faire une fellation. Je me sentais de plus en plus mal, je sentais, même à 6 ans, que je ne devais pas faire ça. Ce qui m’a sauvé en quelques sortes, c’est la sonnerie de reprise des cours.

J’ai essayé, avec mes mots d’enfants, de lui dire qu’on ne devrais pas faire ça. Sauf qu’il à continué, en passant sous la cabine des toilettes par exemple. Là, il à recommencé, et ce qui m’a à nouveau sauvé, c’est une cantinière qui est venue nous chercher. Sa mère et la mienne ont été mis au courant de ce qu’il s’était passé. Sa mère, avec l’accord de son père, l’a fait changé d’école et je ne l’ai plus revu avant quelques années.

Ce n’est que plus tard, lorsque j’avais grandi, soit 11 ans que je me suis rendue compte de que qu’il s’était en fait passé. Ce même âge où certaines de mes camarades, me trouvant trop gamine, m’ont fait découvrir les sites pornographiques. Elles mimaient même des scènes de sexe, moitié nues, devant moi. Je n’y comprenais rien, je ne savais pas pourquoi ce genre de sites existaient, ni pourquoi faire cela, j’étais encore trop jeune et trop “sage” pour comprendre ça.

Ensuite, à l’âge de 13 ans, lors d’un voyage scolaire, l’un de mes camarades de classe avait changé de place avec l’un de mes amis et m’a en parti déshabillée pendant que je dormais. Je n’ai rien senti, j’étais trop fatiguée de notre sortie scolaire. Lorsque je me suis réveillée quelques heures plus tard, j’avais le tee-shirt remonté à la poitrine et le pantalon ouvert et un peu baissé. Je n’ai pas osé le réveillé, ni prévenir un professeur. J’avais honte de m’être fait avoir de cette façon. Je me suis expliqué avec lui et il s’est excusé d’avoir fait ça, et c’est là qu’il m’a dit que c’était un jeu: action ou vérité. Mais je n’en ai parlé à personne, car c’était un camarade que j’appréciais, et il est parti quelques mois plus tard en Afrique.

Et pour finir, mon ex petit ami. Je l’avais rencontré dans un magasin et on avait sympathisé. On s’était donné rendez vous pour se balader. J’ai encore une fois été bête, stupide et niaise. Lorsqu’on est allé dans un coin reculé, je n’ai rien fait, alors que ma tête me disais de fuir, je ne pouvais pas bouger. Il y a failli avoir rapport, j’avais beau lui dire d’arrêter, il continuait de me toucher, il à fallut que je me mette à pleurer pour qu’il arrête. Je me suis sentie sale, immonde et faible. Pendant une semaine, je n’ai pas réussit à dormir. Mais encore une fois, je n’ai rien dit à personne: près tout, je ne l’avais pas repoussé, je n’avais pas fuis, je n’avais pas hurlé… J’étais tellement dégoûté de moi même que j’ai fait une dépression. Je l’ai quitté un mois plus tard, car il voulait le faire à chaque fois, il me sautais toujours dessus alors que je ne voulais pas. De plus; chaque sortie était prétexte pour me toucher. J’avais tout juste 18 ans.

Maintenant, à 21 ans, j’ai un petit ami qui doit payé une partie des pots cassés du à mon incapacité à parler de ceci. J’en ai parlé à ma psy, et évoqué devant mon père, mais rien de plus. Je me sens honteuse de n’avoir jamais réagit correctement. je pensais que c’était de ma faute, que je l’avais en quelque sorte cherché. Je n’avais jamais parlé de ceci à personne.

Maintenant, cela va un peu mieux et mon petit ami me soutiens comme il peut, il m’écoute, mais je pense, avec du recule, que j’aurais du en parler, j’aurais du le dire à mes parents.

Je cherche encore le courage pour le dire, mais à chaque fois, je me demande si cela vaut vraiment le coup: pour ce qui s’est passé quand j’étais petite, on n’étais que des gamins, ça compte pas? Et pour l’adolescence, ce n’est que des jeux de gamins ou pas? Et j’ai définitivement barré mon ex de ma vie, donc, j’ai pas besoin de le dire, si?
J’avoue ne pas savoir quoi faire, ni qu’elle va être la réaction de mes parents. Lorsque je l’ai évoqué devant mon père, il a parlé de porté plainte, mais je ne veux pas ruiner la vie de personne alors qu’en partie c’était de ma faute…

Noémi. (Haute Marne et Maine et Loire, France)

I've got your back!
+

no comments
The Stories

Vincent: ” Alors, pour avoir vécu ça, oui, je suis de tout coeur avec les femmes qui vivent bien pire que cette situation au quotidien”

On peut être sensibilisé au harcèlement (je considère l’être !) et pourtant, avoir du mal, malgré tous les témoignages, lus sur internet ou d’amies, avoir du mal à imaginer complètement ce que les harcelé(e)s vivent.
Mais d’abord, laissez moi me présenter :
Bonjour à tous et à toutes, je suis Vincent, 26 ans, surveillant dans un lycée de centre ville. Du fait de mon style vestimentaire, confiance en moi, j’ai vécu quelques brimades, mais “rien de très grave” (assez horrible comment nous pouvons relativiser certains épisodes quand on se dit “qu’il y a toujours pire” n’est ce pas ?) c-a-d pas de coups, menaces, mais des moqueries, et une certaine mise à l’écart. Malgré cela, avec les années, j’ai réussi a prendre confiance en moi, mieux m’habiller, m’ouvrir aux gens et faire cesser les moqueries. Ayant beaucoup d’amiEs, j’entends malheureusement souvent les mêmes histoires de harcèlement, voire même d’agressions sexuelles… Ayant fait quelques années d’arts martiaux, je propose souvent à mes amies de leur apprendre les bases, certaines acceptent, d’autres (50% environ ?) refusent : peur que cela aggrave les choses, surtout… la démarche de prendre ce genre de cours ne pourra venir que d’elles ! la sphère publique commence (enfin !) a prendre conscience qu’il y a un réel problème de société, et des voix s’élèvent pour dénoncer un phénomène bien souvent invisible aux yeux des hommes, mais bien présent. De très bons blogs commencent a se créer (je pense au projet crocodile) et mettent en illustration des cas concrets, et surtout proposent des réactions efficaces ; avant ce genre de blogs, combien de sites parlaient de ce phénomène en proposant des solutions concrètes ? La lenteur de la justice pour ces procédures est souvent effrayante : malheureusement, je pense que les harcelé-e-s doivent plus compter sur leur propre défense physique et morale que sur une action rapide et efficace de la justice (c’est triste, mais il faut voir les choses en face)
Mais je m’égare, je comptais, en tant qu’homme, raconter une histoire récente qui m’est arrivée et que je tiens a raconter ici :
Je sortais du supermarché, les bras chargés de courses, avant d’aller chez un ami : il faisait assez froid, et mes bras étaient découverts. Une vieille dame vendant des paniers m’a interpellé : “il ne fait pas bien chaud hein !” je lui réponds avec un sourire que oui, effectivement, il faisait plutot froid. Elle me proposa ensuite gentiment si je voulais un panier pour porter mes courses. Suite à mon refus, elle commença a me suivre jusqu’à ma voiture, en insistant (lourdement) et me proposant même le panier… gratuit. Ayant déjà fait les frais de cette méthode qui peut attirer des ennuis, et lui ayant déjà dit des “non” catégoriques, elle s’arreta au bout d’une dizaine de mètres de ma voiture, resta indécise une fois que je fus à l’intérieur (et ayant verrouillé les portières) puis retourna à sa place initiale. Peur d’une vieille dame ? Pas vraiment, mais plutot d’autres personnes qui auraient pu etre dans les parages et se mêler de l’affaire… et pas spécialement dans mon sens ! une fois dans ma voiture, plus énervé qu’autre chose, j’ai essayé de me calmer : passer de l’espoir d’un échange rapide et sympathique (simplement me dire qu’il faisait froid, et si la conversation s’était arrêtée la… ou juste me proposer son panier, et ne pas insister face à un “non” catégorique…) à une peur (faible, mais réelle) d’avoir des ennuis, par mon refus, et qu’elle rameute du monde. Oui, espérer un simple échange, courtois et agréable, et se rendre compte que la personne était uniquement intéressée, et qu’il y a danger éventuel. En tant qu’homme, j’ai rarement été exposé a ce genre de situations. Et… la femme était seule, j’avais l’ascendant physique sur elle, et ses intentions étaient de me vendre un panier. Alors, comment peut réagir une femme, seule, face à plusieurs hommes, qui veulent d’elle des faveurs sexuelles (ou juste se moquer, affirmer son role au sein du groupe, ou que sais je) face à des témoins inactifs, avec en tete un conditionnement à éviter de réagir pour s’éviter un maximum d’ennuis ? Alors comment réagir, même quand on a apprit des milliers de fois la conduite a tenir, dans de telles conditions ? Chaque cas de harcèlement est unique : néanmoins, il convient de relativiser, le mien était “relativement” inoffensif, et m’a fait trembler de colère. Alors, pour avoir vécu ça, oui, je suis de tout coeur avec les femmes qui vivent bien pire que cette situation au quotidien : parlez en sur ce site, à vos amis, si vous vous sentez assez confiantes, prenez des cours de self défense, visitez régulièrement des sites de genre hollaback, garance, projet crocodiles… et n’oubliez pas, pour rameuter des gens a votre cause, ne vous adressez pas au groupe, les gens seront dilués dans la passivité collective : essayez de vous adresser a une personne en particulier, montrez la du doigt, cherchez a obtenir son prénom et qu’elle vous aide. Réussir a faire bouger un individu, c’est réussir a faire ensuite bouger le groupe. Je ne veux pas avoir l’air moraliste, dire “il faut faire ci, il faut faire ça” les situations de harcèlements sont diverses et variées, et ne permettent pas forcément de s’adresser à une tierce personne pour obtenir de l’aide. D’ou l’importance que tout le monde s’intéresse au harcèlement de rue, et pas seulement ses victimes : tous, en tant que témoins, nous nous DEVONS de réagir, condamner fermement ce genre d’acte, les faire cesser tout de suite, apporter notre soutien aux victimes (et les accompagner pour porter plainte, si elles le souhaitent) et enfin, essayer de responsabiliser les gens (agresseurs, témoins ?) face a ce genre de conduites… mais dans le feu de l’action, il faut reconnaitre que ce n’est pas le dernier point qui prime…
Voila, un (long) témoignage, pour vous dire que j’ai aussi, dans une moindre mesure, subit le harcèlement, et que je comprends un peu mieux (même en y étant pourtant sensibilisé) ce que vous traversez. Courage à vous, vous n’êtes pas seules. C’est un combat qui se mène main dans la main, et non les un(e)s contre les autres.

Vincent. (Vienne, France)

I've got your back!
+

no comments
The Stories

Hélène: “un homme de l’âge de mon père m’a dit “par l’avant ou par derrière””

J’ai hésité à reposter un témoignage. En ai déjà posté un, suite à un harcèlement téléphonique (qui continue toujours), pensant : “suis-je particulièrement sensible?” Et, merde, non ! (Désolée pour le “merde”).

Je souhaiterais aborder le harcèlement de rue à Bruxelles où je vis depuis septembre. Suis choquée du nombre d’hommes qui se retournent vers nous, de tous les âges, qui nous accostent. J’emprunte un plus long chemin parce qu’il est plus fréquenté quand je rentre des cours, je calcule depuis plus de six mois ma manière de m’habiller, et continue tout de même à me faire régulièrement insulter.

La dernière fois? Vendredi 21/02, Boulevard Adolphe Max en allant à la Gare du Nord. Le plus inquiétant? Je le savais. Avant de quitter l’appartement, j’ai dit à ma colocataire : “tu vas voir, je vais recevoir des remarques à cause de ma jupe!”. (Ou, plutôt à cause d’un frustré mal éduqué). Et, en effet, un homme de l’âge de mon père m’a dit “par l’avant ou par derrière”. J’en ai tellement marre que je lui ai envoyé un doigt d’honneur, tout en accélérant la cadence (un peu stressée). C’était parce qu’il était 18 heures et qu’il y avait du monde, sinon j’aurais juste tiré la tronche. Pfff !

Ps. Parfois, le harcèlement est aussi non-verbal, ce sont des regards qui vous déshabillent et se maintiennent malgré que vous ayez suggéré que cela vous gênait !

Bruxelles, pour les femmes, tu n’es pas la belle !

Hélène. (Boulevard Adolphe Max 67-69, BXL)

I've got your back!
+

no comments
The Stories

Michel: “J’ai fini par protester à voix haute, par lui dire à voix haute de me laisser tranquille.”

Je suis un homme. Handicapé mental. Je comprends mal les interactions/relation humaines. Dans ce domaine, je suis plus au niveau intellectuel d’un chien. Par exemple, je ne sais pas quand les gens plaisantent ou quand il sont sérieux. Je ne comprends pas les sous-entendus.

J’ai réalisé que c’était du harcèlement parce que j’ai réalisé que mon témoignage faisait écho à ceux des femmes que je lisais ici.

Un collègue de travail en open space.
A plusieurs reprise, il s’approche, se permet en plaisantant de déplacer mes objets. Quand je lui dis que ça ne me plaît pas, il me dit que ses intentions ne sont pas mauvaises, que je suis fou, que je prends mal des trucs anodins.
Puis ça passe à l’étape suivante logique. Des contacts physiques. Main sur l’épaule sans mon accord. Main dans le dos. Je proteste mais même réponse.
Je ne sais pas quoi faire. Mon premier réflexe serait de le frapper en pleine tête, de lui coller un coup de poing, un coup de pied dans les couilles. Mais je sais que la hiérarchie me poserait des problèmes.

Je ne sais pas comment agir.

J’ai fini par protester à voix haute, par lui dire à voix haute de me laisser tranquille. Ca a eu un effet. Il ne m’agresse plus directement. Mais il répand la rumeur auprès d’autres que je suis un parano, il m’agresse verbalement en groupe. Toujours de manière ambiguë.

Je ne sais plus vraiment quoi faire. Je commence à en faire des cauchemars.

Si j’étais une femme, je pense que je frapperais. Une femme qui frappe un homme, l’homme passe pour l’agresseur. Mais un homme de réputation parano qui en agresse un autre…

Michel. (Paris, France)

I've got your back!
+

no comments
The Stories

Aude: “L’étudiant, plutôt bourré, me rattrape et me prend violemment par le bras”

C’était une soirée comme les autres au bar étudiant de l’université. Rien à signaler, jusqu’à ce qu’un étudiant s’approche de moi et me chuchote dans l’oreille : «Il paraîtrait que tu suces bien?» Dégoûtée, je me suis éloignée de lui et j’ai rejoint mes collègues sans leur en glisser un mot.
Plus tard dans la soirée, le jeune homme se réessaye, mais je lui réplique que je ne suis pas intéressée. À ce point, j’en glisse un mot à mes collègues. Ils ne s’en font pas trop : «il a trop bu».
Vers la fin de ma soirée, je quitte le bar seule (je n’habite pas très loin de l’université). L’étudiant, plutôt bourré, me rattrape et me prend violemment par le bras. Il tente de m’embrasser, mais je résiste. Je crie «NON» du plus fort de ma voix. Heureusement, un de mes collègues m’entends et m’éloigne dudit personnage. J’ai finalement pu retourner chez moi, où je me suis écroulée.

Depuis quand l’alcool est-elle une excuse valable pour ne pas intervenir? Pour répéter des avances déjà maintes fois repoussées? Pour agresser/harceler?

Depuis cet évènement, je reviens rarement seule du bar étudiant. Et quand je reviens seule, j’ai peur.

Aude. (Bar étudiant)

I've got your back!
1+

no comments
#harassmentis, The Stories

anonyme: “C’est ma première agression avec contact. Ma réaction n’a pas été contrôlée du tout.”

21h00, sortie de métro, on était deux. Mon amie en jeans, moi en jupe. En riant, on descendait les escaliers de la station de métro alors que 3 jeunes hommes les montaient. Ils passent devant mon amie et la siffle, arrivés à mon niveau, l’un glisse une main sous ma jupe afin d’atteindre l’entre-jambe pendant qu’un autre me tapote une fesse. C’est ma première agression avec contact. Ma réaction n’a pas été contrôlée du tout. J’ai violemment repoussé les mains gênantes et insulté les jeunes hommes. Dans ma colère, j’ai continué à gueuler contre eux en descendant les escaliers puis arrivée en bas, je me suis retournée vers eux et je les ai ai interrogé sur la conscience qu’ils avaient de l’acte ? Sans attendre de réponses, je suis partie.
Personne n’a réagit autour, tout le monde a fait abstraction de la scène, comme si un mur nous cachait.
J’ai mis une petite demi-heure avant de réaliser ce qu’il s’était vraiment passé, puis j’ai craqué. Ca fait maintenant une semaine, et je ne suis même plus sûre d’être réellement choquée… Je veux agir contre ces comportements, je veux les dénoncer et surtout, je ne veux jamais les accepter ou m’y plier. Mais je ne sais pas vraiment comment faire… C’est notre quotidien, et nous sommes seules face à ca, c’est probablement une grande partie de la difficulté !

anonyme. (Metro Jaures, Paris, France)

I've got your back!
7+

no comments
#harassmentis, The Stories

Anne: “Dans les couloirs, c’était des moqueries et des insultes”

Cette histoire date un peu, mais elle reste marquée en moi, surtout à cause de sa durée.

J’étais au lycée, en terminale, dans une classe de 30 élèves dont j’étais la seule et unique fille du fait d’études scientifiques. L’année précédente nous étions 25 dont 3 filles et ça c’était plutôt bien passé.

Cette année là (la terminale donc) je suis arrivée en cours d’année scolaire. En effet j’étais à l’étranger en échange scolaire durant les 3 premiers mois. Lorsque je suis arrivée, les gars qui ne me connaissaient pas (une dizaine de redoublants) c’étaient fait leur opinion sur moi. Ceux qui me connaissaient et ne m’appréciaient pas en rajoutant. 3 mois de délires lubriques avaient fait leur oeuvre. En revenant je n’étais pas la déesse imaginée par les uns, mais bel et bien la sorcière décrite par les autres.

Durant les 7 mois restant ce n’était que moquerie. Je ne me maquille pas, je ne prend pas spécialement soin de moi (juste ce qu’il faut), ne porte pas de vêtements très féminin. Mais à l’époque je portais des bijoux simples que j’aimais beaucoup, ce qui ne collait pas avec le reste de mon look plutôt discret et garçon manqué. J’étais un peu ronde. Je me cherchais encore. J’étais ingénue, timide, n’avais jamais eu de copain, n’avais jamais eu de sexe quel qu’il soit, ni porno, ni autre. Tout cela n’était pas à leur gout.

Lorsque j’étais assise au premier rang, j’avais droit à des bouts de gomme dans la nuque, la tête ou les cheveux. Je ne réagissais pas, ne me tournais pas, faisais semblant que ça ne me perturbait pas. J’ai passé des heures et des heures à tenter d’être immobile à tenter de me faire oublier.

Dans les couloirs, c’était des moqueries et des insultes (genre : elle est le contraire de Disney, elle fait gerber au lieu de faire rêver…, ou bien et le shampoing c’est juste pour les chiens ? Toujours dans la subtilité, la presque blague), juste assez fort pour que j’entende, juste assez faible pour que ça paraisse être un secret…

Je savais qu’ils étaient juste jaloux. Jaloux que je réussissent mieux qu’eux en ayant manqué 3 mois, alors qu’ils redoublaient leur année. Jaloux que leur rêve d’avoir une fille fantasmée ce soit révélé être juste une fille “normale”.

Le pire, c’est que les profs l’ont vu m’ont demandé ce qu’il se passait puis ont haussé les épaules… Le pire c’est que les 10 élèves qui m’appréciaient n’étaient plus là à la cantine ou en études pour me “protéger” de leur présence. Ils préféraient tous (ou presque, je me souviens d’un qui s’est levé de table pour manger avec moi quand je me suis fait virer de la table commune pour je ne sais plus quelle raison) le groupe à moi.
Le pire c’est que ceux qui tentaient de leur faire comprendre que je n’étais pas si mal que ça comme fille et comme humain voyaient toutes leurs tentatives se retourner contre eux ou que je rougissais et que ça se retournait contre moi…

Maintenant cela fait presque 15 ans, mais je ne peux m’empêcher d’y repenser régulièrement.

Maintenant, quand j’en parle à mon compagnon, il se moque, disant que lui aussi à subit des moqueries à l’école et que je ne dois pas vivre dans le passé. Que ça me rend aigrie. Oui, mais depuis je ne supporte que très mal la vie en groupe et lorsque je rencontre de nouvelles personnes j’ai toujours une appréhension très vive. Pourtant je suis très sociable, me lie d’amitié très vite et pourtant je suis devenue agoraphobe, j’écoute les conversations des gens dans la rue, prend toute remarque pour moi, et prend très souvent mal un compliment (même de mes proches) parce que je prend ça comme une moquerie.

Car oui, j’ai été blessée, déstabilisée, ma confiance en moi a été longtemps détruite par une bande de jeunes hommes en rut.

Anne. (Mulhouse, France)

I've got your back!
7+

no comments

View Archives

Powered by WordPress